Ynsect fait de la farine très gluten free !

Ynsect fait de la farine très gluten free, puisqu’elle est fabriquée sans un grain de céréales, uniquement à partir de vers. La startup est en phase de révolutionner le secteur de l’alimentation des animaux, avant de s’occuper de la nôtre…

Ynsect fait de la farine très gluten free

Quand Alexis Angot, Jean-Gabriel Levon et Fabrice Berro se sont rencontrés sur les bancs de l’école, déjà ils voulaient entreprendre. De son côté, Antoine Hubert a monté en 2007, avec Alexis Angot, l’association Worgamic en vue de promouvoir le lombricompostage, une technique de recyclage des déchets organiques encore méconnue. C’est ce même Alexis qui a fait le lien entre les quatre hommes : ensemble ils ont nourri l’idée de développer de nouvelles chaînes de production à échelle mondiale à partir de farine d’insectes.

Ynsect  est officiellement né fin 2011 et administrativement en janvier 2013. Aujourd’hui les secteurs visés sont essentiellement la nourriture animale et l’aquaculture : la startup s’occupe de l’élevage des insectes jusqu’à l’extraction des molécules (protéines, chitine, huiles), sous forme de poudre.

Antoine Hubert, président d’Ynsect, précise qu’« il y a un vrai besoin dans le domaine de l’agriculture animale et le marché est très conséquent. L’approvisionnement en protéines de qualité comme les farines de poisson est de plus en plus difficile : les stocks diminuent et le coût augmente. A cela s’ajoutent les contraintes économiques et écologiques sur la fabrication de ce produit, d’où la recherche d’alternatives de qualité. Ynsect pourrait être cette alternative tant en termes de qualité que de composition : elle pourrait être la première source d’alimentation des poissons, des crustacés, des volailles, des porcs et devenir un composant clef du pet food comme booster protéinique. L’alimentation humaine est un marché qui n’existe pas encore, qu’il faudra créer. Cela nécessitera énormément d’efforts complexes en marketing, en création de marque, en distribution : nous sommes les premiers à avoir produit des biscuits et des chips à partir de la poudre qu’on a mis au point en 2012. On sait le faire, on peut le faire, mais ces produits nécessitent une autorisation spécifique de la commission européenne pour être mis en circulation sur le marché, comme tous les nouveaux produits, et aujourd’hui aucun produit d’insecte n’a cette autorisation. Il faudrait les obtenir et c’est assez coûteux (quelques milliers d’euros). Un certain nombre d’acteurs a lancé des produits sans ces autorisations et par conséquent la commission a durci le ton et annoncé qu’elle prendrait des mesures plus strictes prochainement. Cela sonne comme un dur retour en arrière. »

Ynsect travaille à partir de  scarabées, de vers de farine, de grillons, de criquets, de mouches… le ténébrion semble néanmoins la solution la plus pertinente au niveau logistique et commercial pour déclencher plus rapidement des marchés. En 2012, la société obtient le financement du projet de recherche DESIRABLE coordonné par l’Agence Nationale de la Recherche et soutenu par AgroParisTech, INRA, CEA, CNRS, IRSTEA. En 2014, Ynsect gagne le concours mondial de l’innovation sous la commission présidée par Anne Lauvergeon et le Prix du public Cleantech Open Global Forum à San Francisco.

« A ce jour, nous ne pouvons pas encore communiquer sur notre produit auprès du grand public et cela est compréhensible. Avec des scandales comme celui de la vache folle, associer innovation et alimentation, même si les intentions de départs sont bonnes, est difficile. Il existe une vraie sensibilité sur ce sujet. Nous préférons donc faire des essais en interne et attendre qu’ils soient très concluants pour communiquer. Pour nous ce sera 2016. », déclare Antoine Hubert.

Aujourd’hui, Ynsect est capable de produire quelques tonnes par mois de farine d’insectes. Pour chaque tonne de farine produite, quatre tonnes de larves sont nécessaires. Considérant que le marché mondial de poisson est estimé en termes de besoin à 3 ou 4 millions de tonnes et qu’Ynsect sera bientôt en mesure de vendre 1 à 2 euros son kilo de farine sur le marché, les perspectives sont considérables. « A l’heure actuelle nous sommes loin d’être compétitifs en termes de prix : c’est la technologie (automation et robotique) que l’on met en place qui nous permettront de descendre le coût de production, tout en augmentant les standards de qualité. Quand on maîtrisera cette technologie, on pourra produire à grande échelle et on lancera des premières gammes commerciales en pet food. »

Cette année la société s’installe également à Dole où elle a construit une usine, elle y exploitera ses larves.

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