Articles

Les océans : abris des poubelles !

Pollution Mer Image Blog

Les océans abritent de gigantesques poubelles. Depuis les travaux de Charles Moore en 1997, on connaissait l’existence dans l’océan Pacifique d’une vaste région dans laquelle vient s’entasser le plastique. Les étudiants et chercheurs de la Sea Education Association viennent de mettre en évidence à leur tour l’existence d’un «patch » similaire dans l’Atlantique nord. Pendant 20 ans, ils ont réalisé des dizaines de milliers de relevés à l’aide de filets à plancton, en surface et jusqu’à 10 mètres de profondeurs. Plus de 6100 lieux de prélèvements ont permis de déterminer la répartition des déchets en plastique dans une grande partie de l’Atlantique nord. La carte établie montre une zone dans laquelle ces déchets, qui ne mesurent généralement pas plus de quelques millimètres, sont plus concentrés (plus de 10.000 déchets au kilomètre carré).

Curieusement, ce n’est pas à proximité des côtes que l’on retrouve les plus grandes quantités de plastique, mais en pleine mer, dans ce que l’on appelle une gyre océanique. Dans cette zone formée par un gigantesque enroulement de courants marins, les vents et les courants sont faibles. Les déchets qui arrivent ici ne repartent pas. Ils s’accumulent au fil du temps pour former des «plaques» dans lesquelles on peut retrouver par endroits plusieurs centaines de milliers de déchets au kilomètre carré. Cette étude semble confirmer que toutes les grandes gyres océaniques (il y en a cinq dans le monde) recèlent des «décharges» de plastique la «plaque» du Pacifique était déjà située dans une région de ce type. Les simulations numériques indiquent que les déchets pourraient ainsi rester pris au piège entre 10 et 100 ans.

Mais ces vingt années de relevés aboutissent à un autre résultat, plus surprenant : la quantité de plastique dans l’Atlantique ne semble pas avoir particulièrement augmenté. Pourtant, les quantités produites ont plus que quintuplé aux Etats-Unis depuis 1976. Où passe donc tout le plastique ? Trois hypothèses, probablement complémentaires, sont formulées.

Il est tout d’abord possible que les différentes politiques de gestion des déchets et de sensibilisation des populations côtières aient porté leurs fruits : le plastique reste confiné sur la terre ferme. C’est l’hypothèse la plus optimiste. Les chercheurs pensent également qu’une partie des déchets sont probablement devenus trop petits pour les filets de relevés (mailles de quelques centaines de microns). Auquel cas les estimations actuelles seraient bien inférieures à la réalité et le danger pour la faune marine plus important que prévu. Enfin, il est possible qu’une partie des déchets plastiques ait «coulé» en-dessous de 10 mètres de profondeur, après avoir été ingéré par des êtres vivants par exemple.

Quelle solution peut-on apporter ? Comme le souligne Yann Geffriaud, un ingénieur naval qui a monté en 2009 un observatoire collaboratif de surveillance des déchets en mer dans l’Atlantique, «personne ne pourra jamais nettoyer la mer. Le plus simple est d’éveiller l’attention du public.» En attendant que ces déchets, qui peuvent mettre plusieurs siècles à se dégrader, ne disparaissent d’eux-mêmes.

Le steak 2.0

Steak 2.0 Image Blog

C’est une nouvelle mondiale qui a fait les gros titres il y a un an. Aux Pays Bas, 2 scientifiques dont les travaux de recherches sont financés par le fondateur de Google, concevaient le premier steak in vitro de l’histoire. Un morceau de viande 100 % animal, sauf qu’il ne provenait pas d’un animal … !

 

Au départ, quelques cellules souches ont été prélevées par biopsie sur une vache avant d’être placées dans un « milieu de culture » et stimulées électriquement pour favoriser leurs multiplications.

Au final, ils ont obtenu une masse de tissus musculaire de 142 grammes à laquelle a été ajoutée de la graisse bovine… pour le goût !

Cuisiné par un Chef, ce « Frankenburger » a été dégusté face caméra par 2 spécialistes culinaires.

 

Verdict ? Un goût et une texture semblable à ceux de la viande malgré un manque très net de jus…

Outre le coût exorbitant de cette première opération (250 000 dollars), il faut comprendre la motivation de Mark Post, le « père » de ce steak. Son objectif est clair, réduire l’élevage intensif d’animaux et libérer les milliers d’hectares alloués aux pâturages et aux cultures fourragères pour cultiver des aliments directement destinés aux humains : légumes, céréales…

La population mondiale devrait en effet atteindre les 9 milliards d’individus d’ici 2050 et il y a fort à parier qu’avec l’amélioration du niveau de vie, la demande en viande pourrait doubler.

Les terres cultivables dont 70 % sont déjà consacrées à l’élevage et à la culture fourragère viendraient à manquer.

 

Mais Serguei Brin, fondateur de Google n’est pas le seul à réfléchir à des solutions. Bill Gates, autre géant de l’informatique, milliardaire et philanthrope s’intéresse de près à notre assiette de demain. Présentant à son tour différentes start-up aux projets aussi originaux que dérangeant, monsieur Gates dresse un état des lieux des différentes voies de recherches. Parmi elles, Beyond Meat, qui a trouvé le moyen, en jouant sur la température et la pressurisation  de certaines plantes de reproduire à la perfection le goût, l’odeur, la texture la résistance et les qualités nutritionnelles de la viande…

 

La viande n’est pas la seule en ligne de mire, dans cette mouvance, il y a Hampton Creek Food. Fondée il y a 3 ans, cette entreprise vient de lancer sur le marché une mayonnaise et des cookies sans œuf.

Plus fort encore cette même entreprise s’apprête à lancer Just Scramble, une préparation pour œufs brouillés sans œufs, toujours d’origine 100 % végétale et toujours dénuée de cholestérol. Là aussi on remarque la volonté  d’utiliser des céréales plutôt que d’en faire de la nourriture pour animaux. Alors tous végétariens demain ? L’avenir nous le dira…